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Mungo - J2

- Australie -

Friday 5 April 2013

Après notre road-trip de la veille et une bonne nuit de sommeil, nous faisons connaissance dès notre lever avec les animaux du camping, qui viennent nous réveiller (ou nous accueillir à la sortie de la tente, adorable n'est-ce pas ?). Ceux qui se font remarquer le plus au niveau sonore sont indéniablement un groupe d'oiseaux apôtres (espèce endémique d'Australie).

Avec une technique qui semble extrêmement bien rôdée, ils mangent tout ce que les campeurs auraient pu laisser traîner. Leur méthode semble être la suivante (j'ai pris le temps de les regarder !).
Un apôtre éclaireur vient voir s'il n'y aurait pas quelque chose à se mettre sous la dent. Si la zone est riche en aliments, l'on peut voir arriver une quinzaine de coéquipiers pour "l'aider" à nettoyer la zone. Ils se déplacent ainsi de camps en camps, en ne laissant quasiment rien derrière eux. Ils sont littéralement prêts à tout pour remplir leur estomac (sur ce point-là, on se ressemble un peu). Ils passent par exemple entre nos pieds pour récolter la moindre miette de pain et en nous approchant doucement, nous pouvons quasiment les toucher.

Je vous mets un lien en bas de l'article si vous voulez en savoir plus sur leur mode de vie, mais vous pouvez d'ores et déjà écouter leurs adorables cris.




Après ces adorables pique-assiettes viennent… les nuisibles ; j'ai le déplaisir de vous présenter : les mouches ! Je peux dès à présent vous dire que celles-là, nous ne sommes pas près de les oublier. Par grappes de 20, 30 (ou plus) ces insupportables dyptères vous assaillent de partout et tentent de percer les mystères de votre anatomie. Ainsi, probablement par curiosité, elles pénètrent ou essaient de le faire, dans votre bouche, votre nez, vos oreilles, vos yeux… bref partout ! Elles arrivent au lever du soleil, après avoir repris des forces, pour vous pourrir la vie, et ne vous quittent plus jusqu'au crépuscule où "le train du sommeil" les frappe subitement.
Heureusement, nous avions pensé, avant de partir, à l'arme fatale. Il est nécessaire de consacrer un court paragraphe sur ce qui est, selon moi, la plus grande avancée humaine dans la conquête de l'Outback : la bombe anti-insectes ! Aspergez-vous en abondamment, deux fois par heure et profitez du bref repos qu'il vous procure. Les aborigènes avaient déjà trouvé une astuce naturelle pour s'en débarrasser. Bref notre technique à nous, jeunes touristes, c'est le spray. Bien entendu, nous nous en sommes rappelés après le petit déjeuner. J'ai donc eu assez de temps pour trouver ma technique personnelle pour les chasser ou du moins en rester isolé.

Maintenant que nous sommes dans de bonnes conditions, que nous avons pu nous restaurer presque normalement, je vous propose de quitter ce joli camping.

J'ai eu un grand moment d'inspiration en voyant les traces de chaussures dans la terre.

Nous partons à la découverte d'un parc classé au patrimoine mondial de l'UNESCO : Mungo. Sur la carte, vous pouvez voir le camping en bas à gauche du carré bleu. Je vous ai représenté en gris le programme de la journée, même si je ne vais vous raconter qu'une partie dans cet article.

En sortant du camping l'on peut voir des émeus se remplir l'estomac à quelques mètres de la route.



Après un court arrêt, nous reprenons la route et parvenons au "Visitor Centre". Ce bâtiment récent abrite (la climatisation) un petit musée très bien fait, racontant la riche histoire du parc et exposant certains éléments des fouilles archéologiques. Il accueille deux douches et des toilettes avec chasse d'eau (grand luxe). C'est aussi un point de rendez-vous pour les visites du "Wall Of China". A ce propos, la prochaine visite guidée est dans deux heures, donc ne traînons pas, et allons nous dégourdir les jambes le long du Foreshore track.
Pendant cette petite heure, nous avons pu pique-niquer et observer les deux espèces les plus communes dans le parc (après les mouches) : les kangourous et les émeus. Je vous réserve un petit résumé détaillé de la ballade pour demain, puisque nous allons refaire cette randonnée plus en détails.

Il est maintenant l'heure de partir à la découverte du Wall Of China, sans doute nommé ainsi, car le vent a sculpté dans le sable durci, des murs qui de loin semblent assez impressionnants. Il s'étend au centre du parc sur les bords de l'ancien lac Mungo.

Arrivé à ce stade, il est obligatoire de vous faire une petite leçon d'histoire/géologie. Pour ceux qui n'aiment pas trop, ce paragraphe va être long ; pour ceux qui adorent et bien ça sera trop court. En d'autres termes : personne n'y trouvera son compte, hormis moi ! *Ha ha ha*
Le lac de Mungo se situe entre 64 et 100 m d'altitude, même s'il se trouve à plus de 500 km à l'intérieur des terres (je vous l'avais bien dit, l'Australie c'est un pays plat). J'ai parlé du plus facile et c'est là que les ennuis commencent : accrochez-vous.

Mungo fait partie du vaste bassin Murray-Darling. La rivière Murray, l'un des poumons du NSW, était en partie alimentée par la "Willandra Creek". Le vent, le sable (et une bonne dose de magie) entraînèrent l'arrivée de dunes qui séparèrent cette dernière de son fleuve (triste n'est-ce pas ?). Ainsi furent formés les Willandra Lakes. Mungo était alimenté par le Willandra Billabong jusqu'au jour fatal où il ne reçut plus d'eau et commença lentement et doucement à s'assécher. Il fut successivement un lac d'eau douce puis salée et garda cette caractéristique après la dernière glaciation.

Grâce à notre super guide, nous apprîmes que "l'eau y était cristalline" ! Et moi je vous apprends qu'au milieu de l'Outback AUSSI, les guides vous vendent du rêve. Une chose est sûre, l'on trouvait de la nourriture en abondance comme en témoigne les fossiles de marsupiaux géants et de poissons retrouvés sur les lieux. C'est probablement la raison pour laquelle les aborigènes vécurent sur les bords du lac.
J'en arrive ainsi à mon scoop de la journée : la découverte des squelettes de la femme et de l'homme de Mungo dans leur sépulture. Si vous n'êtes pas plus enthousiaste que ça, c'est probablement parce que vous ignorez l'importance de la découverte de ces ossements. Les restes de l'homme de Mungo datent probablement de 40 000 ans et sont les plus anciens restes humain retrouvés en Australie. La femme de Mungo apporte elle aussi son lot de découvertes puisque qu'on la retrouva sur le plus ancien site de crémation connu dans le monde (datant de 40 000 ans). La découverte d'une sépulture prouve en effet l'existence de rites funéraires et donc d'un début de civilisation. Si maintenant vous n'êtes toujours pas enthousiaste, c'est probablement parce que l'archéologie ne vous intéresse pas, ou parce que je n'y ai pas mêlé une histoire d'amour. Ceci étant dit : poursuivons notre chemin.

Le lac commença donc à s'assécher il y a 40 000/35 000 ans de cela, et le vent commença à sculpter la "lunette". Ce terme désigne en fait des dunes transversales en demi-lunes qui encadrent la partie Est du lac. Au fil des millénaires et de l'accumulation de sable et de boue, la couche Zanci apparaît. C'est un peu la cerise sur le gâteau du "Mungo Lake" si vous voulez. Déjà constitué de la couche Gol-Gol ( plus de 36 000 ans) et de la couche Mungo (entre 35 000 et 16 000 ans) cette dernière est donc la plus récente.
Pourquoi je vous dis tout ça ? Encore un peu de patience on y arrive. Cet environnement ultra fragile fut chamboulé par l'arrivée des moutons, lapins etc. Commence alors une période de dégradation qui va révéler les restes dont je vous ai parlé, et éroder la couche Zanci jusqu'à se stabiliser sur la couche Mungo du lac.

(Hé, hé ... Clément arrive à trouver des fleurs partout, même en plein désert !)


L'érosion de ces différentes couches va donc former de fabuleux paysages que je vous livre enfin, parce que vous l'avez bien mérité. Si vous voulez plus de photos, de détails ou quoi que ce soit je vous laisse le lien du site internet du parc (n'hésitez pas non plus à me poser des questions).



Voici la formation préférée de mon père " parce qu'on dirait une église " !

Et encore, et toujours, ces superbes formations dont je ne me lasse pas.




Nous avons même pu apercevoir un Willy-Willy, l'une de ces mini-tornades de l'Outback qui se forment et se déplacent lentement sur plusieurs mètres entraînant sable et résidus végétaux avant de se disperser aussi soudainement qu'elles sont apparues.

Ce petit paradis de la photo juxtapose des dunes aux formes et couleurs changeantes (il a l'œil mon papa).



L'endroit est de toute beauté et l'érosion façonne des merveilles.





C'est déjà la fin de la visite et il est temps pour nous de retourner au parking et d'observer de loin l'œuvre de mère nature.



Je décide maintenant de bouleverser la chronologie et vous raconterai le reste de cette riche journée dans mon prochain article.
Je vous laisse cependant avec cette vidéo, résumé de notre première journée dans le parc.
La suite... très bientôt !

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