Cover photo

Otford

- Australie -

Sunday 11 November 2012

Le 11 Novembre est un jour mémorable pour de très nombreuses raisons. Ces raisons, je ne les énumérerai pas ici car vous les connaissez déjà et puis, parce que ce n'est pas le sujet de cet article.
Ce fameux jour commence mal pour moi, car voyez-vous, la technologie est contre moi. "Clément tu y vas un peu fort quand même". NON, pas du tout ! Je m'explique. Je me réveille heureux, comme beaucoup de matins, et souhaite imprimer la carte pour notre randonnée dans le bush.
Pour ceux qui ne savaient pas de quoi j'allais parler, je crois que le suspens est terminé, pour les autres, il continue car il n'y a pas encore de photos visibles à l'écran (mwahahaha!).
Bref je vais sur le site internet où le parcours est affiché. Le site est indisponible. Maudissant l'internet australien et bénissant mes dons en informatique (qualifications, ça fait moins pédant peut-être ?) je trouve un moyen de contourner ce premier obstacle. Je tente alors de l'imprimer, manque de bol ou coalition technologique contre ma personne, je ne sais pas : cela s'avère impossible ! Car il n'y a plus d'encre… Bon, il en faut plus pour me démoraliser, je retourne dans ma chambre où une autre imprimante m'attend. C'est à ce moment que je découvre que la carte trouvée sur internet n'est pas la bonne. Miraculeusement je parviens à me connecter sur le site et la trouve enfin. Bon maintenant c'est au tour de mon imprimante de faire des siennes et de m'imprimer une carte tout simplement illisible. Songeant à pleurer, je me ressaisis et décide d'être fort, en me disant "Sois fort Clément". Je fonce sur Photoshop, fais quelques retouches, et imprime finalement une carte plus ou moins lisible. Décidant de la télécharger sur mon portable "au cas où" je découvre alors qu'il n'a presque plus de batterie. Ce n'est pas terrible pour partir dans un coin loin de toute civilisation, mais ça suffira. Je prends ensuite le bus, et là normalement, je n'ai plus besoin de préciser que FORCEMENT il se passe un truc. Le truc, c'est que le bus est ultra rapide pour une fois et que j'arrive ainsi 1h avant l'heure de rendez-vous. Bon voilà pourquoi aujourd'hui la technologie est contre moi (sauf le bus qui est TOUT LE TEMPS contre moi). Je vous montre quand même la carte de randonnée qui m'a coûté tant d'efforts.

Alors, alors, maintenant que vous êtes familiarisés avec ce petit parcours, je vous résume le programme. Nous partons pour le Royal National Park de Sydney. Je vous rappelle que j'y suis déjà allé un mois plus tôt, mais dans un tout autre endroit. Je suis une fois de plus avec un groupe de choc ! Khalid l'Omanien, Lexon le Chinois, Manuel l'Allemand et Clément le Français (moi quoi). Avouez que c'est un beau groupe pour un jour anniversaire de fin de première guerre mondiale. Nous sommes donc tous les quatre surexcités par cette aventure de 14km. 14km en 6 heures, nous rigolons tous en nous disant qu'on fera sûrement moins. Le schéma du parcours est simple, nous partons avec la mer à notre droite en longeant les falaises et revenons par les terres avec la mer à notre gauche. Après une heure de trajet nous arrivons sans encombre à la gare d'Otford à 10h30.
C'est parti pour une belle randonnée avec un temps de rêve. Nous arrivons après 5 minutes de montée face à la mer. Des dizaines de parapentes et de deltaplanes virevoltant dans le ciel nous accueillent. Un super paysage s'offre à nous, à 200m au-dessus du niveau de la mer, la côte se déroule, sinueuse, à notre droite. A notre gauche se présente le bush, tranquille et patient.

Enchantés, c'est le moment pour nous de prendre la première photo de groupe.

Nous partons alors à l'assaut du sentier et pénétrons dans le bush australien, marchant au sommet de falaises surplombant l'océan. C'est une première pour mes coéquipiers et je partage leur enthousiasme !

Après quelques minutes on commence à descendre. Le paysage jongle entre végétation dense et parfois une ouverture sur la mer. C'est d'ailleurs drôle car on ne voit pas la différence entre ciel et mer de loin. L'impression de marcher dans le ciel.

Nous nous éloignons de la côte et plongeons au cœur du bush. On peut entendre le grondement des vagues au loin, se brisant sur la falaise. L'occasion pour moi de prendre quelques petites photos que voici, de la flore locale :





Après 45 minutes de marche, nous arrivons dans une clairière. Immense clairière, qui doit être en fait utilisée comme camping par les randonneurs. On se sent tout petit avec ces immenses arbres. Quelle joie de se trouver loin de toute forme de civilisation dans un si bel endroit ! C'est aussi l'heure de la prise de conscience du groupe : "Nous sommes dans une clairière au milieu d'une forêt, au fin fond de La Nouvelle-Galles du Sud, dans le bush australien, à des milliers de kilomètres de notre pays d'origine". Y'a pas à dire "c'est frais" !


Nous repartons, le cœur joyeux, très content. "Super" me direz-vous. Oui, super … Mais ce n'est rien à côté de l'enchantement qui va nous toucher quelques mètres plus loin quand, au détour du sentier, une plage se dévoile entre les branches. "ohhhh …".



L'endroit est idyllique, belle plage de sable avec de l'herbe tendre et grasse juste à côté sur une colline.

Une plage de naturistes pour être précis. Nous le découvrons quelques minutes plus tard après être descendus au niveau de la mer. Je pense alors à ce délicieux passage d'OSS117 où "Noël" découvre la plage de hippies.





Pour ceux qui connaissent la suite de la vidéo, que les choses soient claires, je ne me suis pas baigné et nous sommes repartis quelques minutes plus tard. Sachez tout de même que sur une plage d'Australie loin de tout, un groupe d'Australiens se retrouve le dimanche matin pour prendre des couleurs, là où il ne le pourrait pas sur des plages comme Bondi ou Brontë. Sans transition, une photo de moi, en train de faire le pître au pied d'un arbre et un beau spécimen Australien.


Nous repartons par les rochers. C'est là qu'on a du se tromper sur la carte comme on le découvrira plus tard. En effet c'est beaucoup plus long d'escalader des rochers pendant 5km… Mais quelle belle expérience et quels paysages majestueux. Et puis ça fait quelque chose de se dire que peu de gens sont passés par là avant nous… Coincés entre le mur de pierres que représentent ces fabuleuses falaises à gauche et le tumultueux océan pacifique à droite, l'aventure.




On se sent pousser des ailes et on prend des photos étranges…



Je ne vous parle pas de la palette de couleurs qui se présente à nous tout au long de la côte avec ces belles algues !


C'est aussi le moment des petits bobos, parce que mine de rien c'est assez casse figure de marcher dans les rochers. Lexon s'est blessé à la main, mais tout va bien comme vous allez le découvrir dans quelques lignes. Je me suis moi-même fait quelques frayeurs. Les paysages qui s'offrent à nous, nous font vite oublier ces petits tracas. Voici (encore) quelques photos. Je peux déjà vous dire que dans ces moments-là, on se dit : I love Australia !





Nous arrivons finalement, après deux heures de marche, à une merveilleuse plage. Là encore les mots manquent pour décrire cette nature magique. J'ai vraiment eu l'impression de tomber dans une scène de Jurassic Park (les dinosaures en moins), ou plutôt d'avoir découvert "L'île mystérieuse" de Jules Vernes. Ca fait quelque chose de se sentir dans l'un de ses romans préférés.



Une chose pourtant nous rappelle que nous sommes en Australie … Je vous donne un indice, c'est rouge et jaune.
Ca y est ?
Bon allez je vous donne la réponse, life Saving !!! Je ne sais pas vous, mais moi ça m'étonne d'en trouver sur une plage aussi paumée. Surtout qu'il n'y avait personne à sauver ce jour-là. Ils auraient pu avoir un potentiel boulet, si j'étais allé me baigner me direz-vous. En tout cas c'était très drôle de les voir avec leur tente montée, leur planche prête à fendre les vagues et leurs deux drapeaux indiquant les limites de sauvetage pour les baigneurs. Ils sont allés faire un joli pansement à notre cher Lexon souffrant de sa blessure.



Nos ventres criaient famine depuis quelques heures et nous avons donc mangé ici, à l'ombre des rochers, avec vue sur la mer. Grandiose !


Nous repartons à 14h10, le ventre plein et réparé. Après avoir traversé un petit village de quelques dizaines d'habitants nous commençons l'ascension, rendue difficile par la digestion mais facilitée par nos sacs plus légers. Après 20 minutes de marche énergique, nous parvenons au sommet, haletants et dégoulinants. Nous pouvons alors admirer le paysage qui s'offre à nous. Belle récompense après notre effort.



Nous nous éloignons petit à petit de la côte et troquons le soleil australien avec l'ombre et la fraîcheur des arbres. L'ascension continue et à travers les arbres j'aperçois pour la dernière fois cette plage du bout du monde. Une larme ? Non, mais une photo oui.

Nous continuons donc à nous enfoncer plus profondément dans le bush et apprécions la légère brise qui nous enveloppe. La température n'est pas extrêmement élevée (25°C tout au plus) mais nos efforts constants pour mettre un pied devant l'autre nous donnent chaud. Le panorama semble déjà plus européen, si l'on fait, bien sûr, abstraction des immenses fougères, des eucalyptus et globalement de toute la flore. Bon en fait, seul les petites fougères toutes mignonnes et les feuilles nous rappellent nos belles forêts. Le schéma des prises de vues est exactement le même que lors de ma précédente marche, c'est-à-dire que ma soif de photos s'étanche au fur et à mesure de la journée. Et puis sans prévenir, sans doute à cause de la course du soleil, ma maladie revient au grand galop et ma course effrénée aux pixels peut alors reprendre.


Au mépris de toute cohérence et logique humaine, je refuse de terminer mon article par la toute fin de la journée. Vous désapprouvez mon choix ? Que m'importe, c'est moi qui commande. Je m'explique quand même. Nous avons eu la surprise de découvrir en arrivant à la gare, que le train nous ramenant à Sydney arrivait 2 heures plus tard. Sombrant dans le désespoir nous avons noyé notre attente dans l'observation d'un petit ver. Il se tortillait bizarrement et comme je sais que vous aimez la faune australienne, je vous l'ai pris en photo. Profitez-en pour songer à l'ironie de l'histoire, le photographe est photographié en train de photographier son sujet. Si vous êtes perdu c'est normal c'est le but.


Mais ce n'est pas tout, nous avons exploité toutes les possibilités artistiques qu'offrait cette station de train. Du sol au plafond, en passant par le paysage alentour tout a été pris en photo. Je vous mets finalement cette petite photo de groupe, que voulez-vous on s'occupe comme on peut !

Et cette photo artistique de Lexon, attendant sur un banc de la gare.

Maintenant que je vous ai imposé ma volonté, retournons si vous le voulez bien à la fin de notre randonnée. Nous arrivons finalement après 5h40 de marche (soit 20 minutes de moins que prévu) au point de départ. Je crois que l'on peut dire que c'était une bonne journée. Nous nous allongeons dans l'herbe, face à l'immensité de l'océan Pacifique. A cette distance, un léger grondement nous parvient, cette étendue d'eau nous semble étrangement calme. Loin des remous que nous avons admirés au pied des falaises, c'est là que je vous quitte pour aujourd'hui. Une dernière photo pour la route ? Allez c'est parti !

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